Jeudi 8 décembre 2011 4 08 /12 /Déc /2011 13:54

Retrouvez toutes nos aventures, livres et films documentaires sur le site:

http://editions-ventdularge.e-monsite.com/

à bientôt et bon vent...

Par Lilian et Lucylle
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Mardi 28 juillet 2009 2 28 /07 /Juil /2009 18:32
Nos derniers reportages depuis notre arrivée:

- Euromag

- Droit de l'homme et autodetermination
Par Lilian et Lucylle - Communauté : Littérature et voyages
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Jeudi 23 juillet 2009 4 23 /07 /Juil /2009 09:16

 

 Afin de répondre a une question régulièrement posée, voici en détail le contenu de nos sacoches.

Depuis notre premier voyage nous sommes adepte du concept ''MUL'' (matériel ultra léger), certainement du fait de notre petit gabarit, mais aussi parce que voyager léger est synonyme de liberté et de mouvements plus ''aérés''. Nous avons indique les marques des différents matériaux, par expérience et test nous n'avons pas trouve mieux...Tout simplement.

Pour la première fois, nous n'avions  emmené aucun livre dans nos sacs, plus de legerte et surtout une manière idéal de se détacher, le souhait d’affronter le temps et le vent, l'ennui et le silence de manière équitable. Nous étions ainsi plus attentifs et affamés de rencontres et de conversations.

Liste de matériel (par personne sauf la tente, le réchaud...):

 

-     Bagagerie Vélo (Vaude Karakorum)

-     Une tente montagne bivouac (Lafuma)

-     Un duvet haute montagne -20 degré (kailash. marque chinoise)   / 1 drap de soie

-     Réchaud (MSR) essence gasoil ultra léger et réserve de 650ml

-     Coupe vent léger ( North Face)

-     Gros polaire épais (Eider)

-     Tee-shirt manche longue (Eider)

-     Tee-shirt manche courte (North face) échangé contre une chemise légère a manche longue pour éviter les coups de soleil (North Face acheté en Chine)

-     2 paires de chaussettes (Décathlon)

-     Chaussure de randonnée (Salomon)

-     2 caleçons

-     1 cycliste long polaire (renvoyé en France par colis de Kashkar)

-     1 cycliste court

-     1 Pantalon (Lafuma)

-     1Camel Bag et une poche a eau de 3 litres (4 litres chacun, strict minimum pour 48 heures de désert en se limitant, on deconseille...).

-     Brosse a dent, savon, petite trousse de secours et une mini couverture de survie

-     2 mini-dictionnaire: Russe-Français et Chinois-Français

-     1 Boussole

-                Lunette de soleil / Foulard / Chapeau / Bonnet /gant

-                Et le minimum de réserve alimentaire, surtout du thé, des fruits secs, du pain et des pâtes chinoises...    Sans l'eau nous sommes a 12 kilos chacun plus une  sacoche ''besace''  a l'avant des vélos avec matériel photo et camera Hdv, micro et grand angle. J'oubliais le pied pour la camera, le plus léger que j'ai trouvé...

 

Merci aux nomades et aux nombreuses familles d’Asie centrale qui nous ont accueilli tout au long de notre route. Merci aussi aux « esprits » bienfaiteurs qui nous ont guidés à travers déserts, steppes et montagnes.

 

 

-     Mr le  Maire et la Municipalité de Magne

-     Société Aquatabs

-     Grand merci pour le soutien deux roues de Cyril Buret et Sylvain Fideler. Culture vélo Niort

-     Marydean Purves directrice de Mission East au Tadjikistan

-     Gilbert Imperato, Surayo Vohidova et le colonel Stephan Samaran de l'ambassade de France a Douchanbe Tadjikistan

-     Tristan Parrain a Tashkent Ouzbekistan

-     La gentillesse et l'accueil du peuple tadjik.

-     Les nomades kirghizes et leurs grands bols de koumis  (lait de jument fermente).

-     Freddy Gilbert pour les soins apporte a notre petite Erwen en notre longue absence et pour ses conseils internet.

-     Merci encore à notre famille et à tous ceux qui croient en nous et appuient nos projets, qu'ils soient culturels ou humanitaires.

 

 


Par Lilian et Lucylle
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Jeudi 23 juillet 2009 4 23 /07 /Juil /2009 09:08

 Déçu, nous avons longtemps eu la gorge serrée, nous n'acceptons pas l'échec,  encore moins les ordres et l'autorité. Nous sommes comme çà et difficile a changer, surtout après tout ce que nous avons vécu... Nous comprenons enfin ceux à qui l'on coupe les ailes, ceux à qui l'on vole le silence (propagande chinois par haut-parleur dans tous les  petits villages chinois), ceux que l'on empêche de rêver. Nous les comprenons mais ne serons jamais à la hauteur de leurs détresses... Nous sommes énormément chanceux et avons réalisé nos rêves les plus profonds, nous reviendrons en pleine santé, nous choisirons notre avenir, nous profiterons des meilleurs moments de la vie, on ne sera pas jeté en prison ou condamné à mort pour nos opinions... Ce ne sera pas le cas de la majorité des personnes que nous avons croisées, ceux qui nous ont aidé tout au long de notre voyage... Des bergers Tadjiks au nomades mongols...

Gare de Niort. Nos regard se posent sur les grues des chantiers, errent sur les façades fraichement ravalées. Nous en avons cure, de ce qui a changé, pas changé. Nous avons changé, aprés tout ces voyages, en bouclant notre Trilogie Asiatique. Nous sommes toujours les mêmes pourtant, mais plus abouti, plus fort, plus profond.  Quelques années plus tôt, on était là, à boucler nos sacs, à enfourcher nos vélos sans la moindre idées des aventures au-devant desquelles on allait pédaler. On a traversé beaucoup de choses, essuyé les tempêtes et partagé les épreuves. Mais plus que tout, le bonheur immense d’une vie nomade, à deux et au long cours dans un univers riche. Nous retrouvons la famille, les amis... Je planque mon émotion derrière ma dérision habituelle, singe le cérémoniel. C'est étrange, nous sommes arrivés après des semaines sous hautes tension, d'efforts, de concentration. On se regarde avec Lucylle; un lien plus solide qu'une corde s'est instauré doucement entre nous. Une belle cordée. Et toujours les mêmes questions: Pourquoi faites vous tout celà? Qui vous paie? Comme si l'aventure devait se justifier, alors qu'elle constitue simplement l'expression d'une vie...vivante. Nos voyages sont peut-être simplement l'histoire de coeurs qui battent. L'histoire d'un souffle, d'une respiration. Et qu'y a t'il de plus beau?

 

 

Nomade, du grec nomas nomados, « qui fait paitre »... Étymologiquement, le nomade est un berger, un pasteur. Il conduit le bétail, il mène ses ouailles. Il marche devant, il indique le chemin. Il sait ce qu'il y a au delà de l'horizon. C'est un guide, un sage. Il est a la fois ici et ailleurs. Il a son pays attache a ses semelles, ne désirant pas d'autre patrie que l'herbe qui ondule, les dunes qui ondoient, les sentiers de la toundra ou de la foret, l'infini des glaces ou de la savane. Notre espèce est migratrice. Nomade dans l'âme et au plus profond de chacun de nous. Voici deux millions d'années, notre ancêtre Homo Erectus a quitte l'Afrique pour devenir l'homme de Java, de Pékin ou de Tautavel. Homo Sapiens a recommence voici cent mille ans: il a étendue son royaume a la planète. En ce début du XXIeme  siècle, plus de la moitie des humains vivent en ville, demain les trois quart. Mais le nomadisme est a la mode. Glorifie par les médias, nous changeons de travail, le tourisme pullule (et pollue), les camping car pétaradent... Nous communiquons grâce a des instruments que nous qualifions précisément de « nomades »: le téléphone et l'ordinateur portable. Nous rêvons du mode de vie affranchie de ceux qui n'ont que leurs pieds... Mais la vie des vrais nomades devient un calvaire. Nous côtoyons et dénigrons le gitan que l'on accuse toujours de voler des poules. L'Inuit sur la banquise, l'indien des plaines, le Touareg du Sahara, , l'aborigène d'Australie, le Mongol des steppes... Tous méprisés, assassines, spolies et mis en cage dans d'horribles camps de béton ou on leur coupe a la fois les ailes de l'esprit et le désir d'exister. Car tout pouvoir politique, tel qu'il soit, a horreur des incontrôlables. Quelques peuples, encore, vivent avec le vent de la steppe ou du désert. Ils sont en sursis. Fragiles. Menacés. Mais d'autant plus précieux qu'ils portent tous le même nom: « Liberté »!  

    
Par Lilian et Lucylle - Communauté : Littérature et voyages
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Jeudi 23 juillet 2009 4 23 /07 /Juil /2009 08:20

      Tien-Chan, une immense chaîne de montagne qui se forme au Nord des Pamirs, culmine en Chine et s'étend a l'Est, au cœur de la Mongolie. Après des jours de désert, nous pénétrons dans ce  massif qui ressemble étrangement a la Suisse.  La route serpente doucement, elle ondoie comme un gigantesque serpent, nous offrant a chaque virage une vue plus sublime sur la vallée. Après quelques heures de sueur se profile le sommet. Les dernières centaine de mètres sont les plus dures. On aimerait accélérer, mouliner plus vite vers le plat du col, mais il faut savoir être patient. Combien de fois avons-nous voulu abandonner? Les pensées ennuyeuses surgissent a la fin de la journée, avec la fatigue, lorsqu'il fait froid, faim et sommeil, tout  a la fois. Ce jour là nous avons fait près de 110 kilomètres... Alors que les nuages s'amoncellent au-dessus des montagnes, nous franchissons la haute passe, 3600 m, notre principal obstacle. Puis, quand il n'y a plus ri en a monter, on atteint un cairn de pierres, de branchages et de drapeaux de prière bouddhistes. Nous sommes au cœur des Tien-Chan, en territoire mongol et kasakh et le paysage est notre véritable récompense. A l'infini se profile un océan tumultueux de montagnes arrondis, de yourtes et de troupeaux baignés par la chaude lumière du soleil. Dans ces vertes solitudes dont les bords vont se perdre dans l'horizon, on croirait être par un temps calme au milieu de l'océan.
Nous plantons notre tente dans une vaste vallée parsemée de yourtes et de troupeaux et laissons l'orage passer... Deux cavaliers nous réveillent de leur galops saccadés en passant près de nous. Ils ouvrent notre toile, regardent les étrangers emmitouflés dans leurs sacs de couchage. Le soleil dore leurs visages ronds, encore jeunes mais déjà burinés.

On passe la porte d'une yourte et l'on vient s'asseoir à la droite du chef de famille. Une femme remplie des bols de thé au lait bien chaud, on sert une modeste collation, du pain, du beurre... Une vie simple mais rude...

 

        Les jours suivants nous accompagnons les nomades avançant majestueusement dans les prairies ensoleillées, une caravane de centaine de moutons se dirige vers les sommets. Traversant en vélo la steppe  (nous allons évidement casser plusieurs rayons de nos roues), nous échangeons nos montures et je laisse sans hésitation mon vélo contre un étalon bien plus beau qu'obéissant. Souvent, les nomades poussent des cris à glacer le sang, quelque chose comme les hurlements d'une bête prise au piège, qui fait avancer les bêtes. Nous sursautons et faisons rire les enfants, ceux-là ont la même adresse à cheval que les armées mongoles qui, au XIIIème siècles ont aidé Gensis Khan à conquérir son empire. Ici on descend de son cheval que pour dormir, et encore...

        Pluie et petite journée, nous grignotons une trentaine de kilomètres avant de demander refuge dans une yourte  où l'on nous apprend qu'une révolte des Ouïghours a éclaté dans la région, il y a déjà 4 jours... A Urumchi, mais pas seulement, tout autour de nous dans un rayon de cent kilomètres les villes se sont embrasées, on parle déjà de 180 morts... Nous passons le reste de la journée dans la morosité la plus totale, nous savons déjà que notre voyage touche à sa fin et que les représailles des chinois vont être terrible. Le soir même la police locale pénètre dans la yourte et nous sépare, interrogatoire de deux heures, inspection totale... Nos vélos sont embarqués, on ne les reverra jamais, nous sommes emmenés dans  une chambre d'hôtel ou nous ne pouvons pas sortir puisque la police détient toujours nos passeports. Le lendemain nous sommes jetés dans une voiture et abandonnés au carrefour d'une petite route de  montagne. D'ici nous faisons du stop jusqu'à une ville ou nous sommes de nouveaux arrêtés, interrogés et inspectés... Le bus qui devait nous emmener a Urumqui prend deux heures de retard mais les passagers ouïghours nous soutiennent tous...On refuse toujours que nous appelions notre consulat, nos trois milles photos sont épluchées et toujours les mêmes questions: êtes-vous musulmans? Pourquoi tant de photos de mosquée (Boukhara et Samarcande), pourquoi pas de monuments chinois?  Parce qu' ils ne sont pas beaux! Mais la réponse ne plaît pas... On nous relâche enfin et nous décidons de quitter la région rapidement, pour la première fois on ne se sent plus du tout en sécurité... Nous aurons subi en tout neuf arrestation en Chine! Jusqu'à Urumchi le bus est régulièrement fouillé et les contrôles d'identité régulier. Plusieurs jeunes sont embarqués sous les yeux de leurs parents inquiets... Plusieurs milliers de personnes ont ainsi mystérieusement disparus lors des dernières émeutes il y a dix ans. Officiellement les chinois attestent la mise à mort de moins de dix personnes. A Urumchi l'armée a envahit les rues et nous croisons des trains  de contingents a la gare,  des dizaines de chars et des centaines de véhicules de police... Mais tout le monde nous répète qu'il n'y a rien a craindre, qu'il ne sait rien passé...  La liaison internet et les appels internationnaux sont coupées dans toute la région depuis les émeutes... Nous fuyons a travers toute la Chine, près de 4000 kilomètres, en bus en train, puis en bus, encore en train, les jours et les nuits... Nous traversons le Langsou, toute la Mongolie interrieur, des montagnes et des déserts, des dunes de sable et de la steppe... et  enfin la grande muraille, et puis surgit la gigantesque Pékin. La Chine des chinois, souriants, aimables, fiers de leur ville et de leur pays, emporter dans l'élan du commerce qui leur va si bien, mais à peine au courant de ce qui se passe dans le reste de leurs pays tellement la censure est réussi! Le gouvernement chinois a soustrait du dictionnaire le verbe envahir, remplacer par libérer: « La libération du Tibet, du Xichiang et des dangereux terroristes... » Mais aucun chinois n'est au courant du viol d'une vingtaine d'écolières ouïgours par un institeur han qui n'a jamais été puni, quelques semaines avant les émeutes... De toute façon personne ne le croirait.   Cessons nos colères, nous sommes sains, nous sommes sauf ( plusieurs journalistes sont en prison à Urumchi), alors nous avalons à plein poumon la couverture de smog qui cache le soleil, on fait bien attention en traversant les grands boulevards et ... nous soufflons un bon coup en dégustant du canard laqué au pied de la Cite Interdite et de la Place Tien An men...  Pékin est une belle ville et mérite une longue escale.

 

 

Par Lilian et Lucylle - Communauté : Littérature et voyages
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