Mercredi 15 juillet 2009 3 15 /07 /Juil /2009 10:12

Rapide petit message pour signaler que tout va bien... Suite aux évènements qui se sont passes dans la région autour de nous ( nous n'étions pas au courant en montagne), nous avons subi une arrestation très dur dans un campements de nomades alors que nous dormions sous une yourte... Séparation, interrogatoire, garde a vue de 24 heures,  confiscation des passeports, violence verbale et enfin on n'a jamais revue les vélos... On a reproche a Lucylle d'être musulmane et d'une belle couleur locale! ( Elle est toujours athée!!!). De péripéties en péripéties nous avons réussi a fuir vers l'Est et nous sommes actuellement en sécurité au pied de la Grande muraille dans le centre de la Chine... Vous l'aurez compris nous arrêtons le voyage en pleine montagne, a 1000 km de notre but... Nous aurions pu continuer a pied, mais la sécurité est vraiment limite... On parle de plus de 160 morts et a priori on est loin du compte, peut-être des milliers (cote Ouïghours). Qu'attend le gouvernement Francais pour réagir???  En 2009 la Chine se referme comme il y a 30 ans, toutes les régions ethniques du Sud et du Nord sont fermes au tourisme non contrôlé. Et pendant ce temps des milliers de personnes sont delocalises, des familles séparées...
Nous enverrons un message et des photos sur notre dernière étape rapidement et des infos sur le conflit une fois en France, ici internet est bien entendu surveille... ( Internet était coupe dans toute la région du Xinchiang)< 
Nous allons donc très bien, plus de peur que de mal et rentrons en France le plus tot possible... 

Par Lilian et Lucylle
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Dimanche 28 juin 2009 7 28 /06 /Juin /2009 13:10

La répression chinoise se limite t'elle au Tibet? Certainement pas et toutes les minorités dans ce pays subissent une terrible oppression. Nous avons choisis d'aller vers l e Nord pour éviter les ennuies mais c'est encore pire... La région du Xinjiang que nous traversons a toujours été peuple par des pasteurs nomades au Nord (Kazakhs, kirghizes et mongols) et par les sédentaires ouïghours (musulman d'origine indo-europée n) au Sud, les habitants des oasis qui encerclent le désert du Taclamacan. Ces derniers ont toujours considéré a juste titre les chinois han comme des envahisseurs et les relations n'ont jamais été bonne entre les deux peuples. La tension s'est accrue en 1950 quand la Chine communiste a commence a étoffer la population du Xinjiang grâce a des colons han. Les Ouïghours qui formaient jadis 90% de la population représentent aujourd'hui moins de 50%. Depuis notre arrivée, nous avons constate dans les villes et les villages que les deux nationalités se côtoient sans se mélanger, les ouïghours affirment que les bons emplois et les commerces avantageux sont presque exclusivement réservé aux han, ils n'ont pas tord... Autant persécutés que les tibétains, le gouvernement de Pékin réprime sévèrement  les activités séparatistes et surveille étroitement les musulmans du Xinjiang. Le gouvernement central a profite  du climat de psychose engendre par les attentats du 11 septembre 2001 pour présenter le indépendantistes comme de dangereux terroristes, emprisonnant ou exécutant des milliers de soi-disant « terroristes islamistes » avec l'approbation de Washington et de l'Occident! Les journalistes sont toujours interdits dans la région, autant dire que nous sommes discrets avec l'appareil photo et la caméra...  Évidement nous côtoyons plus la communauté ouïghour que han, (ce qui semble déplaire fortement a la police), de très bons musulmans modérés, discrets, mais qui n'hésitent pas a nous combler d'abricots et de thé a la moindre occasion! De toute façon, nous passons pour des pakistanais depuis le début du voyage, ce qui arrange évidement les relations. A Kashgar, nous avons vu l'impensable, outre les quartiers de la vieille ville rasés pour laisser place a d'ignobles  bâtiments chinois, nous avons assiste aux rafles des petits commerçants dont la seule faute étaient de vendre quelques fruits pour survivre, leurs étals embarques ou brises  sur place... Plus loin des vieilles femmes se prenaient des sceaux d'eau froide par des commerçants han qui ne voulaient pas les voir assises devant leurs boutiques. Pas de généralités, nous rencontrons dans les villes des chinois han très sympathiques... Est-ce parce qu'ils sont musulmans que leurs causes est moins populaire en Occident? Mais il manque aussi au peuple Ouïghour l'équivalent d'un Dalaï-lama pour faire connaître leurs combats...

 

Nous avons évité la route principale, préférant traverser les petits oasis qui reliaient jadis la route de la soie. Vergers explosants de vie, fraîcheur des siestes sous les saules et les haies de peupliers. Nous avons  mange des kilos d'abricots et de pastèques,  de quoi faire passer les quotidiens samoussas farcis de moutons bien gras. Puis des jours entiers dans le désert, terrible Taclamacan ou nous ne croisons que des chameaux et perdons des litres de sueur a rouler sur un sol incandescent. Naïvement nous longions  la ligne de crête du Kirghizistan (lointaine d'une soixantaine de kilomètres) lorsque nous avons subi notre première arrestation. Sans aucune raison, nous avons du faire demi tour après 80 kilomètres et en faire 25 de plus en pleine chaleur et en plein désert, suivis a tâtons par le 4/4 des policiers jusqu'au prochain poste. Contrôle complet   et interrogatoire avant d'être jeté dans un véhicule (a nos frais) et demi tour sur prés de 200 kilomètres! Motif, zone interdite aux étrangers!  Loin de nous dégonfler, nous avons contourne la  zone jusqu'à la ville d'Aksu avant de bifurquer sur une piste vers le Nord.  En fin d'après-midi nous avons pris l'habitude de nous camoufler au cœur des oasis pour la nuit, les pieds  dans l'eau et a l'abri des terribles tempêtes de sable qui tous les soirs obscurcissent le ciel quelques heures. Nouvel arrestation a 22 heures. Après une heure de négociation, la police repart (comment nous a t'elle trouve?). On nous réveille 3 heures plus  tard pour nous embarque, le village est soi-disant dangereux, des chiens énormes, des gens méchants, la pluie, et tout un tas de conneries... a trois heures  du matin nous sommes « libres »,  de dormir dans une cellule au bord de route!!! Ne surtout pas s'énerver, c'est perdre la face en Chine, nous gardons le sourire et les remercions , seule façon de gagner et de combattre ces flics véreux et souvent saouls. Difficile d'échapper a la police qui est présente partout, nous avons aussi de fréquents contrôles d'identité au bords des routes (on se croirait sous la France sécuritaire de Sarkozi, les chinois imitent et installent des caméras de surveillance en ville!). Dire que nous avons fait tout ce chemin pour ça! Trêve de plaisanterie, nous ne savons combien de temps nous allons tenir, avons nous le droit de monter vers le Nord, sachant que les nomades subissent aussi l'oppression? Ou vas t-on nous jeter dans un train pour Pékin? On ne craint pas grand chose d'autre en tout cas et nous sommes sur d'être plus tranquille en montagne... Nous sommes au pied des Tien Shan et cherchons un chemin d'accès pour se faufiler  a travers ces magnifiques escarpements.

 

 

 


Par Lilian et Lucylle - Communauté : Littérature et voyages
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Lundi 15 juin 2009 1 15 /06 /Juin /2009 11:54

L’ex Pic Lenine, grasse colline aux draps blancs s’ étire dans la vallée de l’Allai et sur la steppe qui s’ étale a ses pieds. IL lui a donne son nom mais ce n’est pas le plus beau des pics culminants a 7000 mètres que nous ayons vu. Derrière, pointe au-dessus des nuages le pic communiste... Mégalomanie et époque révolue. Les sommets ont tous été rebaptises depuis l indépendance mais personne ne connaît leurs nouveaux noms...

Vent et sable. Nos pires ennemies associes avec un seul but en tete : nous faire fléchir, nous agenouiller. Nous faisons face, tête droite, nous acceptons le combat, a 4 km/heure de moyenne, 25 kilomètres en 7 heures ! Deux fois nous jetons les vélos sur le bas-cote de la route, anéantis, Mais nous tenons fermement les cornes de nos guidons entre les mains. A 16 heures, les ennemies trouvent un nouvel allie de force : la pluie ! Nous repérons une vaste étendue, des chevaux, deux yourtes – nous tombons devant- vaincu – K.O. Nous restons plusieurs jours au milieu de ce camp d’été, nous récupérons des forces avec de la crème fraîchement barattée et des grands bols de ‘koumis’, du lait de jument fermente dont les nomades s’abreuvent,  s’étourdissent un peu la tête avant de faire une sieste(depuis, en Chine, les nomades Ouïghours nous ont fait goutter du koumis de lait de chamelle). Le soir nous rassemblons toutes les bêtes, on trait les yacks, les vaches, les juments, on s énerve contre les brebis  têtues avant de rentrer se réchauffer et s’abreuver de thé brûlant. Nous égayons les journées en crapahutant dans les hauteurs voisines, nous atteignons quelques sommets, de crêtes en crêtes, d’arêtes en arêtes, saoules par le vent, nous somnolons a l abri de notre tente l’après midi... Chute brutale des températures, soudain l’eau ne glisse plus sur la toile, elle colle, s’amasse :

-  Il neige !

- T’es fou, on est le 10 juin et nous ne sommes plus qu’a 3500 mètres d’altitude, répond Lucylle en s’engouffrant dans son sac de couchage. Le lendemain, une épaisse couverture neigeuse a recouvert la vie. Les marmottes sont rentres, nos vélos recouverts d’une couche de glace, la tente transformée en igloo. Deux agneaux n’ont pas attendus les lueurs du jour pour mourir, ils sont aussitôt égorgés, tête en bas, sang qui coule sur la steppe immaculée. La vie nomade n est donc pas rose...

Nous plions, il est temps pour nous de partir a la recherche du soleil. Nous franchissons deux petits cols venteux et glacials, la piste cahoteuse se t ransforme soudainement en asphalte bien lisse et un drapeau rouge apparaît au tournant d’un virage : la frontière chinoise. Longue descente de plusieurs jours, les reliefs du Pamir cèdent la place a un désert de roche, un monde minéral ou l’eau se fait rare. Une lisière de peuplier, des champs de ble, des villages en briques de terre, quelques yourtes et des chameaux annoncent l’oasis verdoyant de la ville de Kashgar. Nous avions toujours cru que les oasis étaient bordes de palmiers... pas en Asie Centrale ! Au coeur de la vieille ville, certaines choses n’ont pas changes depuis l’époque médiévale, forgerons, dinandiers et cordonniers utilisent les outils d’antan et la grande mosquée accueille les fidèles depuis 1442. Pendant deux millénaires, Kashgar fut l’un des plus grands centres de négoce de la route de la soie.

Nous assistons, perplexe, a son dernier souffle. Des quartiers entiers sont rases, des autoroutes et des centres commerciaux encerclent la vieille ville et nous ressentons en permanence l’oppression du gouvernement Chinois envers les Ouighours et les autres minorités qui peuplent la région depuis toujours.

 

Rien est simple en Chine, depuis la frontière nous jouons tous les soirs au « chat et a la souris » pour planter notre tente a l abri de la police chinoise. Nous ne savons plus grand-chose des actualités et même notre site est censure... Les autorités ont décidé de bloquer fermement les zones sensibles, évidemment la région autonome du Tibet. Nous avons croise des voyageurs qui n’ont même pas pu approcher la région du Sichuan ou nous étions il y a deux ans. Nous avons décidé de ne pas prendre le risque de poursuivre la route jusqu’au Tibet et Kathmandou même si nous risquons juste une forte amende et le droit de faire demi-tour après 2000 kilomètres (ce qui est déjà énorme). Nous partons vers le Nord, le Pic de l’amitie et la région méconnue de l’altai, au confins méridionaux de la taïga sibérienne. A défaut de culture tibétaine, nous avons tous les deux décidés d’explorer plus profondément la région du Xinjiang et la culture d’Asie Centrale si méconnue.

 

 

 

 

Par Lilian et Lucylle - Communauté : Littérature et voyages
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Lundi 1 juin 2009 1 01 /06 /Juin /2009 07:08
































Le Pamir, un haut plateau aride culminant a des hauteurs trop importantes pour permettre a l homme d y vivre. En raison de l insuffisance de pluie, le Pamir est essentiellement recouvert de roches et de graviers, quelques rares étendues de bonnes herbes ou les nomades Kirghizes viennent planter leurs yourtes et faire paître leurs troupeaux. Aucun arbre, pas même un arbuste broussailleux. Le combustible y est rare et les habitants utilisent la bouse des yacks pour alimenter les poëles centrales qui nous réchauffent au coeur des foyers pamiris. " C'est le plus haut lieu du monde" rapporte Marco Polo qui mettra une douzaine de jours a traverser cette plaine. C est la première fois qu un européen mentionne la grande chaîne de montagne d Asie Centrale. La piste passe a près de 5000 mètres d altitude, " le feu n est pas aussi clair et brûlant, ni de la même couleur que dans les autres lieux" écrit encore Marco. Il attribut la faiblesse des flammes au froid, la véritable cause en est le manque d oxygène... Bien des années plus tard, nous cherchons l oxygène en grimpant les cols, mais rien ne sert d insister. a plus de 4000 mètres, nous avons déjà perdu plus d un tiers de nos capacités pulmonaires. L effort s en ressent mais c est le prix a payer pour admirer ces étendues arides et isolées ou nous ne croisons qu un minuscule village par jour et parfois un camion chinois qui nous encourage. Quelle folie, nous sommes fin mai mais le froid est glacial a fendre les pierres. L hiver, les températures descendent aisément en dessous des -40 degrés. Nous cassons la glace des ruisseaux pour en remplir nos gourdes. Cette contrée désertique est régulièrement balaye par des vents violents, heureusement dans notre dos...Ce qui frappe en regardant le Pamir, c est sa netteté et son étendue. Le sol, l eau, les contours des collines paraissent tellement plus nets et purs... Les nuits sont trop froide pour planter la tente et il est difficile de refuser l hospitalité des pamiris. Assis en tailleur autour du feu, nous ingurgitons d'énormes quantités de pain plat et circulaire et des litres de thé, du riche lait caille legerement pétillant. 5,6,7 cols, nous ne les comptons plus mais au sommet de chacun nous appréhendons les tempêtes polaires et les chutes de neiges violentes. 8ème jour, nous dominons du haut d un promontoire l immense lac Karakul creuse par une météorite il y a 10 millions d années. Ambiance mystérieuse de ce lac sans vie encore a demi gelé et d un bleu profond. Ses eaux sont salées mais le lac reste gelé jusqu au mois de juin. Une dernière passe sous la neige entre deux géants de 7000 mètres et nous sommes au poste frontière Kirghize ( C est intéressant de regarder Google maps pour bien voir ou passe la route). Reste a se laisser glisser jusqu a la ville de Osh et le plaisir de retrouver la végétation, des arbres en fleurs, la vie...Au coeur de la ville, ancien centre majeur de la route de la soie, un des plus grands marche d Asie centrale ou nous fouinons a la recherche d un porte bagage, le mien n a pas supporter les pistes de Tadjikistan...

Par Lilian et Lucylle - Communauté : Littérature et voyages
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Jeudi 21 mai 2009 4 21 /05 /Mai /2009 07:59

  Dushanbe, nous patientons depuis quatre jours en attendant le soleil... Les pluies violentes ont emporté des quartiers entiers et nous avons vus des torrents de boue traverser la capitale...   Une violente secousse nous réveil de notre torpeur et en levant la tête je vois le lustre danser - tremblement de terre!!! 30 secondes plus tard nous avons dévalé les trois etages  mais la secousse sismique est terminée depuis longtemps...

Deux routes mènent dans la région du Pamir, mais celle du Nord est encore bloquee par la neige, nous oblige a passer par le Sud et rallonge de 300 kilomètres - autant dire pas grand chose.... Jamais voyager n aura été aussi difficile, aussi bien physiquemement  que psychologiquement, nous avons droit a tous les imprévus, les jours de pluies et d orages violents, les fréquentes crevaisons, les avalanches et les éboulements qui coupent la route, les passages a gué et les pistes de pierre et de boue... Plusieurs fois nous avons failli renoncer, faire demi-tour, abandonner. Blaise Cendars disait que  {l aventure n est pas ce que l on imagine, un roman. Elle ne s apprend pas dans les livres.       L aventure est toujours une chose vécue, et pour la connaître il faut avant tout être a la hauteur pour la vivre, vivre et ne pas avoir peur}. Alors nous avançons, jusque dans cette région très reculee du Badakhsan  que le Tadjikistan se partage avec l Afghanistan, le fleuve Amou-Daria comme seule frontière. Nous longeons la rive Afghane sur pres de 400 kilomètres, avec ses magnifiques villages suspendus dans les contreforts des montagnes. Des carcasses de tanks et des champs de mines jonchent la rive, témoins des intenses combats qui ont eu lieu dans les années 80 lorsque les soviétiques tentèrent de prendre le contrôle de la Vallée. (Nous sommes en faites sur le territoire du défunt colonnel Massoud...) 
La rive ou nous plantons la tente a servit de terrain de camping a des générations de voyageurs sur la route de la Chine- Marco Polo a traverse le Badaksan ou il aurait passe un an a se remettre d une maladie - la malaria peut-être.
Nous avançons avec une cadence suicidaire, contre la montre ridicule avec des visas toujours trop court. 60 km, parfois 80 par jour avec de puissant dénivelé ( déjà 16000 mètres au total), a pousser régulièrement nos vélos que nous avons surnomme Marco, et Polo! Belles compensations, cette approche rêvé du territoire Afghan et    l accueil incroyable des Tadjiks, leur teint pale, les yeux bleus ou verts et les cheveux clairs de certains pourraient accréditer le mythe selon lequel ils seraient les descendants des aryens venus de Grece dans les armées d Alexandre le Grand...  Nous sommes au pied du toit de monde, au porte du royaume du Pamir, et il nous reste une douzaine   de  jours pour traverser ce haut plateau enneige...  Bonne nouvelle, les photos se decide a passer et nous avons enrichis les derniers articles de couleurs... A bientot

   
















Par Lilian et Lucylle - Communauté : Littérature et voyages
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